TADJIKISTAN
drapeau.jpg

État d'Asie centrale, le Tadjikistan est limité au Nord par le Kirghizistan, à l'Est par la Chine, au Sud par l'Afghanistan et à l'Ouest par l'Ouzbékistan.

 Carte T monde.png
Carte T.gif

Un peu de géographie...

 

Occupant une partie du Pamir, le Tadjikistan est un territoire montagneux, au climat rude : hivers rigoureux et étés souvent arides. Il juxtapose élevage d'ovins et cultures de coton.

La majeure partie du territoire tadjik se situe au-dessus de 3 000 m d'altitude. La moitié orientale, qui forme la région autonome du Haut-Badakhchan, fait partie du massif du Pamir et possède de très hauts sommets : le pic Ismoil Somoni (7 495 m) et le pic Lénine (7 134 m).

 

Le Sud-Ouest du pays s'organise autour de la capitale, Douchanbé, des vallées du Vakhch et du Kafirnigan, jusqu'au Piandj, affluent de l'Amou-Daria, qui forme la frontière avec l'Afghanistan. Les chaînes de montagnes du Turkestan, du Zeravchan et de Hissar ne favorisent pas non plus l'accès à l'enclave tadjike. 

 

La difficulté des communications, la dépendance économique vis-à-vis de l'extérieur et surtout la guerre civile  (1992-1997) ont précipité la chute de l'économie du Tadjikistan, qui était déjà l'une des républiques les plus pauvres de l'ex-URSS.

Le peuple tadjik est l'une des rares ethnies non turcophones d'Asie centrale. Proche des Iraniens, les Tadjiks parlent une variante du persan ; ils sont également présents en Afghanistan, en Ouzbékistan et même en Chine. Les populations du Haut-Badakhchan, dans le Pamir, parlent d'autres dialectes d'origine persane. Les Ouzbeks représentent 23 % de la population au Tadjikistan.

Le Sud du pays concentre les deux tiers de la population : les régions agricoles de Koulob et de Qurghonteppa produisent du coton, des céréales, des fruits et des légumes. Sur la rivière Vakhsh, alimentée par les abondants glaciers du massif du Pamir, le barrage de Nourek, l'un des plus hauts du monde, fournit une abondante production hydroélectrique.

 

Un peu d'histoire....

Période pré-coloniale : Les tribus Est-iraniennes constituent les populations sédentaires des oasis d'Asie centrale. Dès le 5ème siècle, ces tribus entrent en contact avec des nomades turcophones arrivés par vagues successives de haute Asie et avec lesquels ils développent une complémentarité sociale et économique. Malgré la diffusion en Asie centrale de divers dialectes turciques, le persan est la langue de la cour des Samanides (10ème siècle) et des Timourides (13ème - 14ème siècles) et reste largement parlée par les commerçants, les populations urbaines et les sédentaires montagnards.

Période tsariste : La chute de Tachkent (1865) puis l'annexion du khanat* de Kokand (1876) marquent l'avancée des troupes tsaristes en Asie centrale. Les ethnologues russes nomment « Sartes » tous les sédentaires urbains ou ruraux de la région, quelle que soit leur langue. Le terme « Tadjik » est utilisé pour les populations sédentaires des montagnes qui sont restées à l'écart du métissage turco-persan et qui parlent exclusivement le tadjik.                                                                                                                                                                    *Khanat : royaume turc ou mongol, dirigé par un khan.

La République socialiste soviétique du Tadjikistan : L'instauration du régime communiste après la révolution de 1917 entraîne l'abandon de la catégorie Sarte que Staline qualifie de bourgeoise. Les anciens Sartes sont alors reclassés suivant une logique linguistique : les Tadjiks regroupent désormais l'ensemble des populations parlant le tadjik, qu'il s'agisse des villageois de montagnes ou des citadins ; les Ouzbeks désignent un ensemble de tribus turcophones sédentarisées ou semi-nomades.

 

La division ethno-territoriale de l'Asie centrale aboutit à la création en 1924 d'une République socialiste soviétique (RSS) d'Ouzbékistan, à laquelle est fédérée une RSS autonome tadjike. Le Tadjikistan accède au statut de RSS à part entière en 1929, avec Stalinabad (actuelle Douchanbé) pour capitale. L'impossibilité de faire correspondre groupes ethniques et territoires conduit au maintien d'une large communauté turcophone au Tadjikistan. 

La guerre civile (1992-1997)Le Tadjikistan accède à l'indépendance le 9 septembre 1991 à la suite de la dissolution de l'URSS. Deux mois plus tard, l'ancien premier secrétaire du parti communiste tadjik, Rahmon Nabiev, est élu à la présidence de la République. L'opposition regroupe un ensemble de démocrates, de nationalistes (parti Rastakhez), de régionalistes du Pamir et d'islamo-conservateurs (Parti de la Renaissance Islamique, PRI), unis contre le leader communiste. 

L'exacerbation des revendications politiques, économiques et sociales éclate en mai 1992 par une guerre civile, dont le clivage idéologique recoupe une rivalité régionale : le camp communiste, soutenu par Moscou, regroupe les nordistes de Khudjand et les sudistes de Koulob, tandis que les démocrates se concentrent à la capitale et les islamo-conservateurs se trouvent dans la région montagneuse de Gharm, au centre du pays. Dès décembre 1992, Nabiev est contraint de se retirer du pouvoir, cédant sa place à Emomalii Rahmon, ex-directeur du sovkhoze* de Koulob, qui prend le pouvoir dans la capitale.                                                                    *Sovkhoze : Ferme d'État de l'époque de l'URSS.

Le conflit, pendant lequel les troupes russes restent présentes, se termine par près de 60 000 morts et 1 million de déplacés. Sous l'égide de l'ONU, un accord de paix qui établit un gouvernement d'union nationale entre les communistes du président Rahmon et le PRI d'Abdoulla Nouri est signé à Moscou le 27 juin 1997.

Une gestion patrimoniale du pays : Les premières élections, présidentielle (novembre 1999) et législatives (février-mars 2000), depuis la fin de la guerre civile, sont respectivement remportées par Emomalii Rahmon (97%) et par son parti populaire démocratique (64,5%). En mars 2000, la dissolution de la Commission de Réconciliation Nationale met officiellement fin au processus de paix et consacre la victoire de Rahmon, qui élimine progressivement tous ses opposants politiques (Nouri décède en 2006) et développe une gestion patrimoniale du pays. Réélu en 2006 (avec près de 80% des voix), Emomalii Rahmon, grâce à une modification de la Constitution approuvée en 2003 lui permettant de rester à son poste jusqu'en 2020, est réélu en 2013 avec 83,1% des suffrages.

Le maintien des liens étroits avec la Russie : Le Tadjikistan reste très lié à la Russie, qui a conservé sa 201ème unité d'infanterie à Douchanbé, qui assiste le pays dans le contrôle de ses frontières et qui représente le principal investisseur, particulièrement dans le secteur hydroélectrique. L'Iran développe de nombreux projets de coopération avec son voisin persanophone dans les domaines culturel, médiatique et d'infrastructures

Après l'ouverture de voies terrestres au col de Koulma, la Chine intensifie ses relations avec le Tadjikistan, avec lequel elle signe notamment  en septembre 2013 un accord sur la construction d’un nouveau gazoduc pour le transit du gaz turkmène.

La proximité avec l'Afghanistan donne au Tadjikistan une position à la fois stratégique et vulnérable. Outre l'implantation en décembre 2001 d'une base militaire française à Douchanbé dans le cadre de l'intervention alliée en Afghanistan, le pays passe des accords avec les États-Unis, qui lui apporte une aide bilatérale importante  pour l’acheminement d’une partie du matériel aux troupes de l'ISAF. Le retrait de ces dernières en 2014, le met à l’avant-poste au sein de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC) dont il est membre. La sécurisation préventive de sa frontière contre une éventuelle déstabilisation de la région après ce départ est ainsi décidée par Moscou qui renforce son appui logistique et financier à Douchanbé.